lundi 14 décembre 2020

UNE NOUVELLE CINEMATOGRAPHIQUE



Voici un petit exercice stimulant. Il consiste à écrire une histoire brève en adoptant un point de vue cinématographique. 

Voyons ce que cela peut donner...

 

  

       1. Partir d’une fenêtre.

Comment est-elle (pas en termes « techniques », mais sensoriels, émotionnels) ?

Essayez de décrire la fenêtre comme si c’était une personne (usage de la figure de style personnification).

 

 
 
 
2. Zoom arrière : un personnage apparaît.

Qui est-il ?

Décrivez-le en une pensée, une émotion et un comportement. Ces trois traits doivent nous dire beaucoup de choses à son sujet.

De quel côté de la fenêtre se trouve-t-il ? Devant ? Derrière ?

Que regarde-t-il ?

 

 

3. Travelling avant ou arrière.

Le personnage reste sur place, mais le lecteur avance, comme s’il suivait une caméra. Il découvre un objet dans la pièce (ou à l’extérieur de la maison, selon la position du personnage).

Cette découverte est importante, elle donne du sens à la présence de votre personnage.

 



  4. Gros plan sur l’objet.

Décrivez-le de façon objective, neutre.

 


   5. Retour sur le personnage.

D’abord les yeux en gros plan – décrivez l’émotion du regard.

Puis conclusion en plan pied : est-ce qu’il part, reste, casse la fenêtre, crie, pleure… ?

 


mardi 8 décembre 2020

PROPOSITION D'ECRITURE DE SOI - 4

On dit souvent que la vie est un roman, imaginons plutôt qu'elle soit un conte.

 


 Quel en serait le titre ?

- serait-ce un conte du "pourquoi" (comme le célèbre Pourquoi la girafe a-t-elle un long cou ?) ;

- serait-ce une suite de personnages (comme Aïcha, l'ogre et Vava Inouva) ; 

- un lieu ou un objet mythique (comme Le trésor des Korrigans) ;

- ou toute autre chose ?

 Dans quel lieu et à quelle époque se déroulerait-il ?   


 
Quel serait le personnage principal et quelle serait sa quête ? 

 Quelles seraient les forces contraires, les opposants ?

 Qui jouerait le rôle d'aidants ?


 
Quel en serait l'incipit, les premières lignes ?  Commencer par Il était une fois n'est pas obligatoire. Il existe bien d'autres formules initiales de contes. Le site suivant en donne de nombreux exemples : http://feeclochette.chez.com/Theorie/formulettes.htm

 Quelle en serait la fin (n'abusez pas de Ils vécurent heureux et eurent beaucoup d'enfants, là n'est pas l'unique but d'une existence) ?

 Dernière question : si vous le faisiez lire à quelqu'un, qui serait votre premier lecteur ? Ou plutôt, pour rester dans la tradition orale du conte : si vous le contiez à quelqu'un, qui serait votre premier auditeur ?


Et puis, tant que vous y êtes, pourquoi ne pas l'écrire vraiment ce conte ?





mercredi 2 décembre 2020

CONSEIL D'ECRITURE #2


 Évitez de décrire vos personnages dans des passages peu intéressants qui consisteraient en une collection d'adjectifs, de qualités ou de défauts, de comportements ou de pensées.

 Mettez-les plutôt en mouvement dans des scènes d'actions où, sans que vous ayez besoin de les écrire, les principales caractéristiques du personnage vont apparaître.

Regardez, par exemple, la scène d'ouverture d'Indiana Jones et les aventuriers de l'arche perdue. Notez tout ce que nous apprenons implicitement au sujet du héros en quelques minutes seulement : sa profession d'archéologue, son goût pour l'archéologie "de terrain", son obstination, sa capacité à anticiper certaines choses, mais pas d'autres, etc.


Écrivez selon un point de vue cinématographique. Une telle scène, dans un roman, en dirait beaucoup sur votre personnage en quelques pages. Et cela serait plus agréable à lire qu'un incipit du style : "Indiana Jones est un archéologue obstiné, courageux..."


Bonne écriture, bon plaisir à écrire !


Benoît Demonty

mardi 24 novembre 2020

PROPOSITION D'ECRITURE DE SOI - 3



 Pourquoi ne pas profiter de ce second confinement pour écrire, poser sur le papier des émotions fortes, orienter son avenir, faire le point ou, tout simplement, prendre du plaisir ?

 

 

 Voici donc une nouvelle proposition d'écriture...

1) Commencer par évoquer un objet qui vous représente et que vous avez reçu d'une personne chère ou que vous avez acquis avec elle, voire grâce à elle.

Décrivez cet objet (taille, forme, couleur, texture, odeur...).

Expliquez en quelques lignes dans quel contexte vous vous l'êtes procuré.

Détaillez enfin l'impact que cet objet a eu sur vous, dans différentes dimensions : émotions, pensées, comportements, relations, spiritualité, lien avec votre histoire personnelle. 


 2) Faites la même chose avec un objet qui vous a été imposé par d'autres et dont vous vous seriez bien passé. Cet objet symbolise des forces antagonistes ou des liens problématiques.

Décrivez cet objet, racontez dans quelles circonstances il vous est arrivé et racontez son incidence sur votre vie. 


 3) Faites dialoguer ces deux objets. imaginez qu'ils tiennent une conversation à votre sujet. Que pourraient-ils se dire ? Commencez par l'objet imposé, c'est lui qui doit prendre la parole en premier, mais le dernier mot de ce dialogue, la dernière réplique doit être tenu par votre objet fétiche.


4) Après l'écriture, prenez un temps pour vous relire (voire pour lire votre texte à une oreille bienveillante). Notez l'effet de cet exercice sur votre corps et votre esprit.


Bonne écriture, bon plaisir d'écrire !


Benoît Demonty



jeudi 22 octobre 2020

CONSEIL D'ECRITURE #1

L’auteur britannique Somerset Maugham a écrit un jour : « Il y a trois règles à respecter pour écrire un roman. Malheureusement, personne ne les connaît ».

 Si personne ne connaît ces règles, il existe peut-être quelques réflexions pertinentes pour nous aider à composer notre récit.

En voici une : partez du principe que votre première idée d’histoire n’est  pas la meilleure, même si elle vous semble géniale. Retravaillez-la. Demandez-vous, par exemple, ce qu’un lecteur s’attendrait à trouver dans votre histoire et prenez le contrepied de chaque attente. Cela rendra votre texte plus original et probablement plus complexe aussi.


 

Quelle intention ai-je poursuivi dans mon dernier roman ?

 

La longue nuit de l’humanité part de cette citation de Martin Luther King, que je trouve aussi simple qu’essentielle : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères, sinon nous allons mourir tous ensemble comme des idiots."

J’ai voulu inscrire mon roman dans une époque de violence et de souffrance (la période 14-18) et montrer comment nos actes pouvaient accroître et prolonger cette violence et cette souffrance. J’ai voulu insister sur notre responsabilité individuelle dans la dégradation ou l’élévation de « l’humanité » en nous.

J’ai aussi cherché à ce que le lecteur puisse éprouver de l’empathie pour des personnages qui commettent des actes violents et définitifs et que cela l’amène à réfléchir sur son propre système de valeurs.

QUELQUE PART EN POLOGNE

J'avais dix-neuf et peu de souvenirs, Une mémoire sans drame qu'elle doive retenir Ou oublier. C'est là que je t'ai rencontr...